Mademoiselle,

 

Comment vous dire que le mot "liberté" m'emmerde, surtout quand il sert à justifier l'être. Il faudrait être bien sourd pour croire que dans notre rapport à autrui un tel mot existe...Autant je comprends "se libérer de" autant me plonge dans l'ennui celui qui croit faire étendard de ce concept...Vous n'êtes libre de rien du tout, et encore moins que celui qui sait qu'il ne l'est pas...Et le pire sera qu'en le prétendant vous manquiez toute chance d'appréhender ce qui ne l'est pas, à savoir probablement votre corps...Vous lui donnerez le rôle de satisfaire à cette pensée qu'il est libre en lui procurant plaisir sur plaisir, en les comptant même (comme le faisait Don Juan) comme si le nombre pouvait effacer la dette qui vous tient...

 

Mais le plaisir n'est pas jouissance ma chère...Et tant que demeure cette question un peu étrange qu'il est quelque chose plutôt que rien, vous devriez accepter qu'être n'est pas une question de liberté mais d'écoute...Et si vous écoutez bien, vous allez voir que cette histoire commence en enfer...Avec une mère, un père, et dont on est sûr à 100% qu'ils ignorent ce qu'ils ont fait. Personne n'est Dieu vous voyez, personne ne pourra jamais savoir pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien, et ça commence avec cette naissance...

 

Vous me suivez? Non? Vous ne voyez pas le rapport entre votre naissance et la bêtise qui entoure ce fait là? Lisez Giordano Bruno...Vous verrez ce qu'il en coûte de dire l'évidence...

 

Pourquoi y-a-t-il autant d'obstination bornée de la part des parents à vouloir ordonner leur enfant? À vouloir lui fourbir les armes de sa propre destinée alors qu'ils sont comme lui des errants de leur propre existence, qu'ils n'y entendent rien si ce n'est ce curieux désir de vouloir par lui s'en rassurer?

 

Pourquoi prennent-ils plaisir à le sublimer, à le vouloir meilleur qu'eux, à le gâter, quand eux-mêmes ont piètre idée de leur faculté?

 

Quel est ce message étrange de leur transmettre ce qu'ils ne sont pas?

 

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