C.,

 



Beaucoup de pensées ce matin sur la "fable",  sur comment on se projette avant que d'être. Ce qui me plairait avec vous, n'est pas pour l'instant de vous rencontrer mais de rendre intelligible ce qui se passe. Et pour vous, et pour moi. Peut-être êtes-vous celle à partir de qui quelque chose peut faire sens dans cet univers qui semble parfois très stéréotypé, et qui donne à croire que la partie fait le tout...
Depuis un mois ou deux que j'ai mis cette annonce, je me sens "assailli", non par les demandes mais par mon corps. Impression d'avoir ouvert un "chenil" où des chiennes viennent réclamer pitance et dont je suis sommé de fournir les niches. J'en suis totalement responsable au sens où je les laisse venir à moi, les écoute, les jouis, les autorise à se branler, sentant très bien que la plupart du temps il ne s'agit que de calmer ce faisant leurs délires comme leurs angoisses. 
Je vous avoue que si vous répondiez à mon désir d'avoir une correspondance avec moi, j'interromprais la diffusion de mon annonce pour être plus conséquent quant à mon désir d'une relation d/s. Je ne me plains pas d'être en érection quasi toute la journée (j'exagère un peu) mais je sens bien qu'il serait temps de me reconcentrer un peu, ne serait-ce que pour écrire ce livre que je cherche depuis vingt ans et qui malgré ses milliers de pages demeure "pénélopéen" au sens où je défais la nuit ce que j'ai construit le jour ou vice-versa.
Il me semble que ce serait possible à partir de vous. Comme aussi accepter que ces séances d'onanisme devront désormais être contrôlées, scénarisées, faisant partie également d'un travail sur soi. Non plus les vivre comme on vit cette époque à consommer consommer mais en les incluant dans une recherche de soi.
Faire de ces moments une récompense, et non une compensation. Qu'en pensez-vous?
Vous êtes à un moment délicat de votre vie (moi aussi..) où ce qui faisait sens perd pied et dont vous ignorez encore l'étendue. Si vous convenez avec moi d'essayer de donner un peu de sens à tout cela, de ne pas préférer aller vous perdre sous l'autorité de n'importe quel idiot à queue, je serai ravi de partager ce chemin avec vous.
Ce qui veut dire chère C., d'oublier pour l'instant cette "vidéo" comme aussi la pensée de la mettre en scène avec moi. C'est bien trop tôt pour figurer ce moment, et surtout c'est s'aveugler de ce qui se cache derrière. Je peux même vous dire que si cette scène avait lieu demain, elle raterait ce qui en fait la beauté. Un peu comme ces jeunes comédiens qui croient pouvoir interpréter "Phèdre" ou "Hamlet"  sans avoir fait le "bout" de vie nécessaire à incarner ces monstres.
J'ai compris que vous aviez besoin de ces moments de "décharge" et vous propose de les insérer au sein d'un travail de correspondance. Comme oui, d'accepter une "laisse" si vous voulez, sans que cela ne nous oblige aujourd'hui à penser la rencontre.
"Vous rencontrer" serait un moment qui nous échappe, qui viendrait se poser comme d'une évidence un jour peut-être, mais qu'aujourd'hui nous ne pouvons pas connaître.
Bonne lecture. J'ai eu du mal ce matin à écrire, ma pensée était agitée par des contradictions. J'ai essayé un peu de les éclaircir, sans trop savoir si ce que je vous ai dit est "juste".
Je ne me rends pas compte si ce que je vous propose est loin de vous. Et combien même cela le serait, avez-vous envie aujourd'hui d'en parler? Ou dois-je vous laisser vivre ce "bordel" sans me positionner face à vous?
Vous me direz.
Votre humble possible maître